jeudi 8 janvier 2009

Origines

Figchen était le surnom de Catherine II alors qu'elle n'était encore qu'une jeune princesse poméranienne. Elle n'avait pas encore épousé l'horrible Pierre III (dont elle a fort habilement réussi à se débarrasser par la suite), ne lisait pas encore Montesquieu, Voltaire ou Machiavel, ne régnait pas encore seule sur toutes les Russies. Une Catherine qui s'ignorait, une Catherine en devenir.
Je porte son prénom. Pendant des années, je l'ai détesté. Trop féminin, trop courant. J'aurais voulu m'appeler Michelle, ou Frédérique, ou n'importe quoi qui m'éloigne d'une féminité que je ne reconnaissais pas en moi. Je voulais être un homme, un vrai, un chef, un leader. Pas une petite fille en robe matelot à qui on ne prêterait attention que pour sa beauté, sa gentillesse, sa douceur. Moi, je ramassais les vieilles gommes sur le trottoir, je me battais avec les garçons (technique de séduction inconsciente), je détestais le rose et mes cheveux blonds, je fantasmais en m'imaginant injecter du pus dans une araignée et je mangeais mes gales. Chienne de vie.
À six ans, dans un bistrot de Paris où mes parents sirotaient un énième scotch, un vieil ivrogne Russe m'a soulevée de terre en criant: Ekaterina! Ekaterina!
Je n'étais plus Catou, j'étais Catherine II réincarnée, puissante et géniale. Je me suis réconciliée avec mon prénom. Par la suite, Lady Oscar et la Marquise de Merteuil ont achevé de me convaincre que naître femme ne signifiait pas nécessairement naître handicapée.
Puisque je suis issue d'un savant mélange d'Histoire et de fiction, je dédie cet humble blogue aux médiatrices de mon roman d'apprentissage.
La gratitude est ma résolution pour 2009.

4 commentaires:

  1. Alors que 90% de la population féminine se souhaite la maigritude, te résoudre à la gratitude pour 2009 est non seulement un gage d'anticonformisme mais, peut-être encore davantage, de réalisme et de bonne foi.

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  2. D'accord pour le réalisme, mais pour la bonne foi on repassera, mon middle name étant Mauvaise Foi...
    Néanmoins, merci. Et merci également de n'avoir pas relevé le passage où j'avoue nonchalamment que je mangeais mes gales... Hahahahaha!

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  3. Je croyais fermement que les gales étaient bonnes pour la santé vu que c'était du tissu cutané en reconstruction. J'étais partisane du renouvellement cellulaire avant la mode des acides de fruit...

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